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Panier et son plateau à décor "Burgos"


    L'or, l'argent, le cuivre... sont des métaux appréciés depuis la nuit des temps. Il n'est donc pas surprenant d'observer que les céramistes aient cherché à donner à leurs créations l'éclat de ces métaux, valorisant ainsi leur production.

 

 

 

 

 

 

   Certaines poteries gallo-romaines, des céramiques islamiques du Moyen-Age, les productions italiennes des centres Gubbio et Deruta au 17ème, sont ainsi revêtues de lustres métalliques.
    Des travaux de recherche effectués principalement dans le Staffordshire en Angleterre ont été le départ d'une large diffusion commerciale très appréciée: un lustre d'acier utilisant le platine, des lustre d'or et de cuivre (1806), des lustres roses mouchetés (1810), un lustre d'argent obtenu à partir d'une double couche de platine (1812)...
     Ce type de décoration a été produit en France dans les centres faïenciers de Sarreguemines, Creil, Gien, Langeais, Creil et Montereau, Choisy le roi.
   

    Cette production à la manufacture de Sarreguemines a été récompensée à l'Exposition Nationale de l'Industrie Française en 1823: le jury lui décerna une médaille d'argent de première classe pour sa production de « poteries ornées de lustres métalliques ». 
    La pose de ce type de décor s'effectue sur la glaçure transparente d'une faïence fine blanche ou d'une terre carmélite. On applique au pinceau un mélange de l'oxyde du métal que l'on souhaite imiter, avec des huiles organiques, de la térébenthine et du soufre. Une ultime cuisson à 400° C et les céramiques rayonnant de l'éclat de l'or, du cuivre ou du platine sortaient des fours sarregueminois.
    Une variété de revêtement lustré fort apprécié aujourd'hui des collectionneurs est le Burgos. D'apparence mouchetée, il résulte de la dispersion de gouttelettes d'essence sur une préparation à l'or.
    La pièce présentée aujourd'hui est un panier tressé imitant la vannerie, en faïence fine revêtue d'un lustre métallique moucheté dit Burgos, avec son plat rond à aile ajourée. Ce produit existait en trois tailles. Les tailles sont indiquées par des numéros poinçonnés dans la pâte. Les numéros sont inversement proportionnels à la taille. Ce panier ainsi que son support portent le numéro 1, la taille la plus importante: le panier a un diamètre de 22 cm et une hauteur de 9 cm, le diamètre du plat de présentation est de 26 cm.
    La marque de fabrique est SARGUEMINES, marque n° C 01 dans l'ouvrage « Les Marques de Fabrique », Édition Sarreguemines Passions.
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    Au milieu des années 1840 ce panier avec son plateau en cailloutage blanc ordinaire coûtait 2 F pour le 1er et 2ème choix, 1,75 F pour le 3ème choix. Nous n'avons pas trouvé dans les catalogues le prix de cette pièce en Burgos. Il est probable qu'à cette époque ces revêtements métalliques n'étaient plus commercialisés.
   
Un panier tressé en Burgos de forme ovale est présenté dans les collections du Musée de Sarreguemines

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Extrait d'une page du catalogue de la firme Utzschneider et Cie vers 1840.

 

Sources bibliographiques:
DECKER E. - Sarreguemines au 19ème siècle, la faïencerie Utzschneider, 2001
MAIRE C., ROUSSELLE A. - La faïence fine française, les productions particulières,
Trouvailles n° 78, 1989
REILLY R., SAVAGE G. - The dictionary of Wedgwood, Londres, 1980