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Une "sardinière"

En 1806, Nicolas Appert met au point la conservation d’aliments dans une boîte en fer blanc hermétique. Le 30 janvier 1810, Montalivet, ministre de l'intérieur lui accorde un prix de 12.000F pour avoir mis sa découverte dans le domaine public.
Prévue à l’origine pour améliorer l'ordinaire des soldats de la Grande Armée et des marins, cette invention est rapidement utilisée par l’industrie de la pêche qui cherche depuis longtemps à prolonger le temps de conservation du poisson.
Ce sera la naissance des usines de conserve de sardines et d’un nouveau métier : sardinière.
Sardinière est un terme générique qui désignait les femmes qui travaillaient dans ces conserveries. Mais selon le poste occupé on trouvait, :les bouillottes, qui faisaient bouillir les boîtes une fois soudées et les essuyaient. Les charoyeuses, qui apportaient le poisson frais, les cuiseuses, les sécheuses, les saleuses et les emboîteuses-étêteuses.
Les sardines, étaient traitées selon les horaires de la marée de jour ou de nuit. Elles sont salées, vidées et étêtées, trempées dans la saumure, lavées, séchées, puis frites à l’huile et enfin emboîtées manuellement.
Si Lorient a vu se créer la première conserverie de sardines en 1828, c'est certainement Douarnenez qui a eu la "sardinière" la plus célèbre : Joséphine Pencalet (1) qui y mena la grève des "Pen sardin" (20/11/1924 – 06/01/1925).
Outre des avancées sociales pour les sardinières, cette grève nous laissera une chanson anarchiste au refrain évocateur :
               Saluez riches heureux
               Ces pauvres en haillons
               Saluez ce sont eux
              Qui gagnent vos millions.

De nos jours, on pourra le confirmer en visitant l'usine de "la Belle-Iloise" à Quiberon, les conditions de travail et la qualité des produits se sont améliorées.

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 On connaît surtout l'assiette "sardinière Amieux" dessinée et produite par Georges Dreyfuss qui avait une faïencerie à Moret-sur- Loing .
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Sardinière publicitaire par G. Dreyfus.
 
 
Mais Sarreguemines a aussi ses sardinières : Imagedes boites ou des assiettes pour présenter les sardines à l'huile : les boites à sardines n° de forme 1033, 1036 (avec ou sans plateau) et 1738.
 
 
 
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Boite à sardines de Sarreguemines - Vers 1880/1900. 
 
 
On connaît beaucoup moins l'assiette "sardinière Amieux" produite par Sarreguemines après la Première guerre mondiale, celle que nous présentons ce mois-ci. Son décor est peint et reprend les couleurs du paysage : le bleu pour la mer le noir pour les coques calfatées des bateaux et le marron pour les voiles.
 
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Assiette sardinière publicitaire pour Amieux frères par Sarreguemines vers 1925.
 

Comme sur l'assiette de G. Dreyfuss, au centre de cette assiette on peut lire :

"il pourrait arriver qu'en cette sardinière
on servit sans façon le poisson d'un confrère
mais pour les délicats point n'est besoin des yeux
ils goutent : ce n'est pas du vrai "Frères Amieux"

En 1900, les 11 conserveries créées par Jean-Maurice et Emile Amieux emploient 4.000 ouvriers soit à peut près 1.000 de plus que la faïencerie de Sarreguemines à la même époque.
 
 
 
Données techniques :
Diamètre = 244mm, Hauteur = 15mm, poids = 572g - évidement 122mm sur 100mm.
Marque I 36.
Note :
(1) Nom bien porté : Pencalet, Pen Kalet en breton signifie tête dure.

H.G.